
Les Seelandais meurent les armes à la main
Zoug -Bienne 5-2
En Suisse centrale, les Seelandais ont longtemps fait mentir la logique statistique, poussant de teigneux Zougois dans leurs derniers retranchements. Il n’aura pas manqué grand-chose aux Biennois pour s’offrir le droit de défier le lauréat de la saison régulière une 6e fois, mardi au Stade de Glace.
Tout a très mal débuté pour les Seelandais qui ont été menés au score après seulement 30 secondes et une réussite de Holden. Il aurait toutefois fallu plus pour décontenancer un HC Bienne qui ne s’est pas laissé ébranler par cette entame catastrophique. Ainsi, après avoir tenu le choc et s’être montré plus pressant que l’alignement local neuf minutes durant, Bienne est parvenu à revenir à la hauteur de vainqueurs de la saison régulière grâce à Beaudoin. Dans un tiers initial dépourvu d’émotions hormis la bagarre ayant opposé Spylo à Chiesa, Zoug est parvenu à reprendre un avantage d’une unité avant le premier thé à la faveur d’un rebond exploité par Metropolit sur un tir puissant de Holden, en supériorité numérique.
Dans le 2e tiers, c’est l’omniprésent Spylo qui est parvenu à remettre les compteurs à zéro, d’un tir de la ligne bleue. C’est le seul but qui a été inscrit dans cette période riche émotionnellement et durant laquelle les coups ont plu. Dans le dernier "vingt", le sort a finalement choisi de se ranger du côté de la logique sportive. Alors qu’un puck de Wieser avait flirté avec l’intégralité de la ligne du but de Markkanen à la 44e, Zoug est parvenu à inscrire le 3-2 à la 45e. C’est sur un coup de génie du Topscorer Brunner, auteur d’un solo magique que le club de Suisse centrale a envoyé de courageux Biennois en vacances. Dans la cage vide, Metropolit s’est chargé de donner au score une allure définitive et trompeuse en regard de l’opposition proposée par les gens de la cité bilingue.
« Nous avons de nouveau forcé Zoug à évoluer à la limite. Notre prestation a été de bon niveau mais la qualité de notre adversaire, particulièrement en contre, lui a finalement permis de passer l’épaule », a analysé le quarantenaire Martin Steinegger à l’issue du dernier match d’une carrière longue de 1025 matches en LNA. « C’est justement cette capacité-là qui nous avait fait défaut lors du match 3, a encore regretté le vétéran avant d’enchaîner: c’est dommage pour les gars et pour notre public. On lui aurait volontiers offert un 6e match, mardi ».
Également décidé à arrêter sa carrière, Sébastien Bordeleau a partagé le sentiment de son vieux pote: « Un brin chanceux, le troisième but nous a fait mal. On a tout donné. Malgré notre entame de match scabreuse, on est revenus dans la rencontre. Seulement voilà, Zoug a besoin de moins d’occasions que nous pour marquer ». Une efficacité qui a fait toute la différence ce samedi soir à la Bossard Arena.
Désormais, les compères qui se sont connus dans le vestiaire bernois en 2002 lors de la venue du Canado-Français en Suisse rangeront définitivement leurs tenues de gladiateurs des glaces au placard. Célébré par les deux kops à l’issue de la rencontre, « Stony » s’est réjouit d’avoir pu « vivre tout cela avec ma famille, même si mes enfants (n.d.l.r: en pleurs) ont semblé plus touchés que moi ».

Zoug -Bienne 5-2 (2-1 0-1 3-0)
1'Holden (Brunner, Wozniewski) 1-0, 10'Beaudoin (Haas) 1-1, 14'Metropolit (Holden) 2-1, 23'Spylo (Steinegger, Wetzel) 2-2, 45'F.Sutter (Helbling) 3-2, 52'Brunner (Blaser) 4-2, 59'Metropolit 5-2











